Les pucerons, les cochenilles et autres nuisibles peuvent être la cause de divers problèmes sur un citronnier. En plus de nuire à son développement, ils sont susceptibles de perturber sa fructification ou réduire la qualité des citrons. Pour protéger votre citronnier et profiter de fruits bien juteux, il faut le surveiller régulièrement. S’il est attaqué, il est possible de venir à bout de ces nuisibles grâce à divers moyens de lutte biologiques.
Identifier les parasites du citronnier
Les principaux parasites du citronnier sont la cochenille, le puceron, l’aleurode des agrumes et la mineuse des agrumes. Chacun de ces nuisibles a des traits physiques spécifiques permettant de le distinguer des autres.
La cochenille
Les cochenilles sont réparties en plus de 400 espèces dont les plus courantes sont :
- La cochenille farineuse qui ressemble à une petite boule cotonneuse de couleur blanchâtre. C’est l’espèce de cochenilles la plus répandue.
- La cochenille à bouclier qui se dissimule sous une coque brune et lisse ressemblant à une excroissance. La coque sert également d’abri aux œufs.
- La cochenille à carapace qui est également recouverte d’une coque.
Le puceron sur le citronnier
Les pucerons sont de minuscules insectes d’à peine quelques millimètres qui se regroupent sur les parties les plus tendres des plantes. De différentes couleurs (jaune, noire, verte, blanche…), on les trouve souvent sur les jeunes pousses et sous les feuilles du citronnier.
L’aleurode des agrumes
Également appelée la mouche blanche du citronnier, l’aleurode des agrumes est un minuscule insecte ailé de couleur blanche ou jaune. De forme triangulaire, elle est d’une taille comprise entre 1,5 et 3 millimètres. On la voit plutôt sur la face inférieure des nouvelles feuilles.
Cochenille, puceron et aleurode ont le même objectif, celui de se nourrir de la sève du citronnier. Cela entraîne l’affaiblissement de l’arbre qui est susceptible de dépérir et de voir son rendement en citrons diminuer. Les jeunes citronniers peuvent succomber à l’attaque de ces parasites.
Les conséquences d’une attaque de parasites
Les fourmis du citronnier
En réalité, les fourmis sont inoffensives pour les arbres, y compris le citronnier. Leur présence est liée à celle des cochenilles, des pucerons et des aleurodes.
En effet, la fourmi endosse le rôle de gardien en éloignant les prédateurs de ces derniers. En échange, elles sont récompensées avec du miellat, une sécrétion collante et sucrée que le puceron, la cochenille et l’aleurode rejettent après avoir sucé la sève du citronnier.
La fumagine
Les traces de miellat qui restent après le passage des fourmis engendre un amas de champignons ressemblant à de la moisissure. Appelé fumagine, ce phénomène recouvre la surface des feuilles, empêchant les rayons du soleil de bien leur parvenir. Cela perturbe le processus de la photosynthèse qui est essentielle pour le développement de l’arbre.
Comment éliminer les fourmis sur un citronnier ?

Pour vous débarrasser des fourmis sur un citronnier en pot ou en pleine terre, le plus simple est d’éradiquer les parasites piqueurs-suceurs. Les moyens de lutte biologique contre les cochenilles, les pucerons et les aleurodes regroupent différentes astuces de grand-mère :
Du savon noir liquide + de l’huile de colza + de l’alcool à 90 ° : versez une cuillère à soupe de chacun des ingrédients dans un vaporisateur et ajoutez un litre d’eau tiède. Secouez le mélange et vaporisez-le sur les citronniers infestés de ravageurs très tôt dans la matinée ou dans la soirée. Renouvelez l’opération après avoir attendu 30 minutes, puis une semaine plus tard. Trois ou quatre jours après la première application, procédez à une pulvérisation de pyréthrine naturelle. Il s’agit d’une substance contenue dans les fleurs de pyrèthre de Dalmatie1 et ayant la capacité d’anéantir certains parasites ainsi que leurs larves.
Un traitement à base d’huile de neem : extraite des graines du margousier (un arbre originaire d’Asie) aussi appelées graines de neem, cette huile est dotée de puissantes propriétés insecticides. Celles-ci lui permettent de venir à bout de plus de 400 espèces de parasites. L’huile de neem est également efficace contre certaines maladies fongiques. Pour anéantir cochenilles, pucerons et aleurodes, pulvérisez un mélange d’huile de neem, d’eau tiède et de savon noir liquide (ou de savon de Marseille.).
Grâce à leur coque, les cochenilles à bouclier et à carapace sont capables de résister à l’action de certains produits phytosanitaires. Pour les éliminer, l’idéal est d’introduire dans vos citronniers les prédateurs naturels comme les coccinelles et les chrysopes2.
Cas particulier de la mineuse des agrumes
Ciblant principalement les agrumes (citronniers, orangers, mandariniers… ), la mineuse des agrumes, apparaît sous forme d’un minuscule papillon de forme plate et mesurant deux à quatre millimètres de long. Elle pénètre dans l’épaisseur des feuilles et s’y déplace en les dévorant de l’intérieur. Elle laisse derrière elle des galeries remplies d’excréments. Les feuilles attaquées par la mineuse ont le bord recroquevillé tandis que les galeries deviennent jaunâtres et s’assèchent.
Pour protéger votre citronnier contre la mineuse des agrumes, inspectez régulièrement son feuillage. Dès qu’une galerie est visible sur l’une d’elles, supprimez-la et brûlez-la pour empêcher la propagation de la maladie. Ne mettez en aucun cas des feuilles infestées de parasites ou de champignons dans un composteur distribué par la mairie.
En période de forte chaleur, vaporisez régulièrement votre citronnier avec du purin de fougère ou réalisez un paillis de feuilles de fougères à son pied.
Pour éloigner la mineuse des agrumes, n’hésitez pas à utiliser des pièges à phéromones3. Ceux-ci aident à empêcher la reproduction de la mineuse en piégeant les adultes mâles.
Un autre moyen de prévention consiste à badigeonner la partie aérienne d’argile blanche pour empêcher les attaques de mineuses. En effet, cette solution agit comme une barrière protectrice empêchant le nuisible de repérer le citronnier.
Notes de bas de page
- Pyrèthre de Dalmatie : plante herbacée connue pour produire naturellement une substance qui agit comme insecticide. Ses fleurs, proches de la marguerite par leur apparence, renferment un composé appelés pyréthrine, capables de paralyser le système nerveux des insectes. Cultivé pour ses propriétés protectrices des cultures et des habitations, le pyrèthre de Dalmatie est apprécié pour son efficacité d’origine végétale et sa dégradation rapide dans l’environnement, ce qui en fait une ressource naturelle précieuse pour lutter contre de nombreux ravageurs. La Dalmatie est une région au sud de la Croatie donnant sur la mer Adriatique. ↩︎
- Chrysope : petit insecte aux ailes transparentes et délicates dont les larves se nourrissent de nombreux parasites des plantes. Elle passe une grande partie de sa vie à chasser pucerons, cochenilles ou autres, contribuant ainsi à l’équilibre naturel du jardin. Après la ponte de ses œufs suspendus sur de fins fils, la chrysope se développe rapidement et devient un allié essentiel pour maintenir la santé des végétaux sans recours aux produits chimiques. ↩︎
- Phéromone : substance naturelle émise par un être vivant pour transmettre un message chimique à d’autres individus de la même espèce. Invisible et inodore pour l’humain, elle circule dans l’air ou se dépose sur des surfaces et provoque une réaction précise chez ceux qui la perçoivent : attirance, alerte, reconnaissance ou organisation sociale. Chez les insectes notamment, les phéromones servent à coordonner les comportements collectifs ou à signaler la présence d’un partenaire ou d’un danger. ↩︎

